La grande Odyssée

Publié le par Léonard Jaillet

Hué : 24 Chrono
Petit matin dans le train, à quelques kilomètres de Hué. Galia et moi avons cette fameuse discussion qui devait arriver. Bon, ça pète un peu, on met quelques points sur quelques i, mais au moins on est d'accord sur un truc, on ne veut plus ni l'un ni l'autre, voyager ensemble. Histoire de faire les choses en douceur, on décide quand même pour l'instant de partir tous les 3 pour une même guest house.

Descente du train. Encore une fois, on a le droit à un raz de marrée de voitures, touc-toucs et autres conducteurs de motobykes qui se proposent pour nous emmener. Dans la tourmente, on rencontre Eliote un new-zealandais et Rosy une américaine, qui prennent le même wagon. On se retrouve tous les 5 dans une voiture en direction d'une guest house made in Lonely. Presentations. Eliote est un étudiant en droit/commerce, qui a pris quelques mois à la fin de son cursus universitaire pour visiter un peu le sud-est de l'Asie. Son rêve, monter au retour son petit buisness. Rosy est une new-yorkaise in the wave, qui bosse en tant que detective de cryptologie/criminologie tournant autour d'internet et des outils multimédia. C'est pas exactement ça mais je ne suis pas loin. En tout cas ça en jette. Les 2 sont très sympa et les choses se faisant, on se retrouve dans la guest les 3 mecs d'un coté dans une chambre et les 2 filles de l'autre. Premier petit pas pour ne plus entendre parler de Galia :-D.

Le reste de la journée, on le consacre principalement à visiter le centre (et même surtout l'hyper centre) de la ville. Au coeur d'Hué, ancienne capitale du Vietnam (de 1802 a 1945) , se trouve en effet une immense citadelle (entourée de douves qui forment un périmètre de plus de 10 km), qui servait de ville dans la ville à la famille impériale et à sa cour. Au coeur de cette citadelle, se trouve la Cité Impériale  et au coeur de cette Cité Impériale, la Cité pourpre interdite, lieu de résidence de l'empereur. Bref c'est le coup des poupées russes, bâtiments de plus en plus importants, imbriqués les uns à l'intérieur des autres. Globalement le tout est assez imposant, mais certains bâtiments sont pas mal en ruine, voir complètement rasés (et c'est le cas de la Cité pourpre), du fait de bombardements américains ! (google me dit : offensive du Tet, 1968). Puis je sens qu'avec tous les temples et monuments que j'ai vu en Chine je commence à éprouver une certaine lassitude...

Par contre, là où je me régale, c'est sur l'esplanade centrale de la ville, avec sa tour du drapeau, où flotte un immense drapeau vietnamien et surtout surtout, au moment où l'on arrive, des collégiens et collégiennes en plein cours de gym... Vraiment, c'est extra de les regarder. On est loin des cours d'EPS à la française. Ici, c'est la discipline militaire qui règne, Oui monsieur. Tout le monde grosso modo à équi-distance et un prof qui toutes les 10 secondes donne un coup de sifflet. Et là, à chaque nouveau coup, il s'agit de changer de position. Bref, c'est une espèce de chorégraphie que doivent suivent les élèves. Pfouit, jambe droite en l'air. Pfouit, bras en arrière. Pfouit, pas chassé à gauche. Et ça continue comme ça pendant 15 minutes. C'est à mourir de rire parce qu'en fait  la moitié des gamins sont à la ramasse sous l'oeil du prof qui stoïque, continue de siffler en bon métronome. Et puis surtout on peut se demander à quoi ça sert. Juste une espèce de gesticulation pseudo-ordonnée sans véritable effort physique. Bref, ça nous dépasse... En tout cas, ce qui est terrible pour eux, c'est qu'ils ne peuvent rien dire pendant que je m'approche doucement avec mon appareil pour les prends en photos. Haha, j'ai ma revanche sur tous ces gamins qui m'ont tourné le dos des que je sortais ma camera. Je mitraille !

Pendant notre visite de la ville, on croise aussi Mégane et Ludwien (une americaine et une hollandaise), qui étaient parties sur la baie d'Halong avec nous. Du coup le soir, on se retrouve tout une petite bande au resto. Encore une fois, ambiance chaleureuse, discussions à propos de voyages, de différences de cultures... Mégane a passé un an en Corée et vit maintenant en Amérique du Sud où elle est la colloque de Ludwien. Je suis encore une fois épaté de voir à quel point tous les gens que je rencontre voyagent...

A peine une petite journée passée à Hué, mais mis à part les tombeaux impériaux, on a l'impression d'avoir fait le tour des incontournables. Sans traîner, on décide Paul, Eliot et moi, de  filer dès le lendemain matin, encore un peu plus au Sud, en direction Hoï An. En plus, c'est l'occasion de mettre définitivement un peu de distance entre Galia et nous, qui elle préfère rester encore une journée avec Rosy la new-yorkaise. Hop, au galop !

Hoï An : Gastronomie et haute couture.
De toutes les villes croisées au Vietnam, je crois que Hoi An restera ma préférée. Après avoir trouvé un petit hôtel, Eliot, Paul et moi allons nous balader dans le centre. Des petites ruelles colorées, pour la moitié piétonnes, ou encore une fois, les immeubles de style français qui me font penser au Portugal (ou je n'ai encore jamais mis les pieds, certes). En bordure du centre, une petite rivière paisible et sur les berges, des terrasses ou il fait bon trainer.

Deux spécialités rendent la ville incontournable.
D'abord la cuisine locale, qui est un véritable délice. Globalement, la nouriture vietnamienne est un régal, mais alors là, on atteint des sommets ! Quelques exemples qui rien que d'en parler me mettent de nouveau l'eau à la bouche... Poisson avec ses épices cuit à la vapeur dans une feuille de bananier, les roses blanches, ces gâteaux en feuille de riz, fourrés avec des crevettes et servis avec oignons croquant. Le Cao Lau, cette soupe de pâtes au riz, avec légumes et tranches de porc, que l'on ne trouve qu'a Hoï An car l'eau utilisée pour réaliser la soupe doit impérativement provenir d'un puits bien précis. Et oui, tout un art.... Et puis ces délicieux milk-shakes à la papaye, à la mangue, à la noix de coco, qui accompagnent le tout...

Et puis à Hoï An, il y a le "Café des Amis", tenu par un vietnamien unique, le genre de gars dont on a perdu le moule. Ici pas de carte. Tu manges le plat du jour, qui change tout le temps, vu qu'à chaque fois ce sont des nouvelles recettes que le cuisto invente... Et puis il vient à notre table, nous explique comment mélanger les épices, nous parle de sa vie, quand il était goûteur auprès d'un général pendant la guerre, nous montre des photos de lui dans le journal, nous raconte (en français), comment il passe 6 mois de l'année à voyager pour découvrir le monde. Le tout, avec comme musique de fond, du Brassens en Créole ! Magnifique et délicieux...

La deuxième spécialité de la ville, ce sont ces dizaines de boutiques de tailleurs (j'ai cru lire 320 sur le net !) qui confectionnent  des habits (et même des chaussures) sur mesure en des temps record et surtout à des prix vraiment défiant toute concurrence. Et là, ce n'est pas pour revenir avec un costume traditionnel que l'on ne portera jamais en France. Non, on tape vraiment dans la haute couture et les vêtements à la pointe, dans des super matériaux et top à la mode. Je ne me sens pas forcement porté par la chose, mais franchement à défiler devant les boutiques, ça donne envie d'acheter plein de trucs ! Bon, je me laisse finalement entraîner par un ensemble robe et petit haut qui me semble incroyablement beau. Non, non, pas pour moi... mais pour qui alors?... Alors là, j'en ai aucune idée et puis de toute façon, je ne connais pas les mensurations de mes "proches"... Du coup, je me lance et je donne aux vendeuses des tailles relativement standards, me disant que je trouverais bien une fille qui rentrera dedans :-D . Bon, je ne sais pas trop dans quoi je m'embarque mais je ne pouvais pas laisser passer ça... En tout cas le résultat 24 heures plus tard est éblouissant. Paul lui repart avec une jupe pour sa copine et des chaussures sur mesure. Là aussi, la classe.

D'Hoï An, on part avec Paul pour une journée à My Son, un site de temples Cham (peuples de l'ancien royaume du Champa, état hindouiste qui exista dans la zone centrale du Vietnam entre le IIeme et XVIIeme siècle). Au final, on se retrouve essentiellement à regarder des tas de vieilles pierres écroulées. Et oui, ici aussi ça a été bombardé par les américains et on peut dire qu'il ne reste pas grand chose. On a intérêt à faire travailler son imagination. Sur le trajet, on visite aussi des fabriques de poteries et bronzes qui, avec le retour en bateau rattrapent largement la journée. Le soir, après seulement un jour et demi à Hoï An, on décide de filer de nouveau plein Sud. La décision est cruelle certes et cela nous fait un peu courir alors qu'on était quand même pas mal ici. Mais bon, encore une fois, on a l'impression d'en avoir déjà bien profité et il faut dire qu'il y a un avis d'alerte pour cause de typhon fonçant droit sur nous... Quitte à faire, on préfère quand même descendre un peu histoire d'éviter la bête. Au passage, on laisse Eliote qui pris par la frénésie consommatrice du lieu, a décidé de rester quelques jours de plus pour se faire confectionner 3 costumes, 4 chemises, 6 pantalons...

Nha Trang : sous le soleil exatement
Nha Trang. Le bord de mer, les plages du pacifique bordées par les cocotiers à perte de vue et... personne... Où sont donc les touristes ? Et bien il faut croire que l'on tombe en plein saison creuse. En plus, comme le Vietnam est sensé recevoir sous peu le forum de l'Apec, il y aurait dit-on un contrôle tout particulier des visas, qui a limite fortement le nombre d'entrées...
La taille des rouleaux et le fait qu'il n'y ait presque personne à part nous ne nous pousse pas particulièrement à faire trempette. Bon c'est partie pour une petite demi-heure de bronzette sur les dunes de sable fin. Mais voilà, très vite Paul et moi, on commence à tourner en rond. C'est qu'on est plus habitués à rien faire ! On décide donc de louer des vélos pour visiter la ville (les tandems s'avèrent beaucoup trop chers, dommage...).

Quand on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins, à bicyclette...
Visite du sanctuaire Po Nagar, avec ses tours Cham. Là-bas, on rencontre une étudiante, qui vient nous voir en expliquant qu'elle veut travailler dans le tourisme et que si ça ne nous dérange pas, elle aimerait parler avec nous pour améliorer son anglais. Encore une fois, on se rend compte à quel point dans ces pays, l'anglais représente une clef pour réussir. Au delà de l'aspect "pratique" de l'approche, la fille est très sympa et nous explique plein de trucs sur l'histoire de ces tours Cham et sur les mythes et légendes qui les accompagne (on comprend pas vraiment tout mais le coeur y est). Nous, on en profite pour lui poser plein de questions sur la vie au Vietnam, sur les différences de liberté entre hommes et femmes (y a encore du boulot, mais apparemment ça change très vite), sur l'évolution des moeurs et l'évolution du pays en général. Je ne me souviens plus très bien mais c'était super ;-).

Hop, un peu plus tard nous revoilà repartis en direction d'un promontoire, où  l'on peut voir un gros caillou en forme de tortue géante et la marque de pied (ou de main?) laissée dans la roche par un dieu quand il a voulu embrasser je ne sais quelle belle amazone... Quand on arrive là-bas, on tombe surtout sur une bande de vietnamiens en vacances qui ont l'air super excités et tout contents de nous voir. Chacun a leur tour ils essayent de nous sortir une phrase en anglais, ce qui ne manque pas à chaque fois de provoquer l'hilarité générale de tous les autres. Ils sont vraiment super marrants !

Tchouc, cette fois-ci on repart en direction des plages plus au nord, où là, la mer est plus calme et où l'on décide de s'accorder un petit bain bien mérité (à tour de rôle tout de même, histoire de surveiller les affaires...). Sur la plage, un spectacle vraiment génial : des tas de gosses qui jouent au foot, à fond, et qui s'éclatent comme des fous. La plage est magnifique, on est au début du couché de soleil, les gosses se marrent et jouent comme des gosses... c'est superbe, chaleureux, entier. Oubliées toutes les misères du pays, oubliés les petits pièges à touristes, les sollicitations qui à la longue peuvent devenir si fatigantes... c'est pour moi un des moments les plus magiques du voyage. Un ballon, des potes... le bonheur n'est pas loin...

On finit finalement par s'extraire de ce spectacle pour continuer notre  programme de ministre. On file maintenant vers un site religieux, qui abrite une pagode, un bouddha géant  et un bouddha blanc couché. C'est chouette tout ça. Au passage, on croise des personnes qui viennent visiter leur mort. Et oui, ici c'est aussi un peu l'équivalent de nos cimetières. Les gens viennent se recueillir devant un autel qui abrite une urne, elle même contenant le cendres du défunt. Tout le monde est en blanc, couleur de deuil.

Finalement, retour en vélo de nuit, à slalomer à travers un flux continu de motos en furie. C'est fou l'Asie !  Bon, on va pas s'arrêter là. Paul me motive et m'entraîne le soir dans un salon de massage. Sauna, bain turc, massage... Le sauna, ai testé seulement pendant les doctoriales (!!) et le bain turc jamais et je trouve ça super. Par contre pour ce qui est du massage, rien à voir avec ce que j'avais pu expérimenter en Chine. Globalement, c'est plus soft, mais aussi beaucoup moins précis, moins pro. En plus ils nous passent des musiques dans le genre "les plus belles musiques d'ascenseur"... Je ressors un poil déçu contrairement à Paul qui a l'air ravis. Resto, dodo. Lendemain 7h15 : bus pour Dalat !

Dalat : là-haut dans les montagnes.
Arrivée en début d'après-midi à Dalat, petite ville perchée dans les montagnes. Le petit Paris du Vietnam dit-on, même si au delà de la mini-tour Eiffel, la comparaison me semble plus qu'hasardeuse...A l'arrivée, on se fait alpaguer par la specialité de la ville : les "Easy Riders". Concrètement, ce sont des gars en moto qui font guides et qui proposent de t'emmener pour te faire faire une visite de la ville et des alentours. Par dessus, se rajoute une petite couche pseudo-mystique liée à l'esprit motar. L'Easy Rider est le mec qui a décidé de prendre la vie en transversal, qui se soucie guère du lendemain, qui vie d'adrénaline et d'air pur. Le mec cool quoi... Bon, on en est pas là, nous se qu'on veut c'est se trouver un hôtel sympa et pour cela il nous faut en visiter pas mal et fuir ces motards qui nous guettent à tous les coins de rue (on arrive à les semer un bref instant en prenant la porte de derrière d'un hôtel, mais on retombe vite dans leurs filets...). Apres une petite heure de lutte, on finit finalement par trouver ce que l'on voulait et après avoir expliqué à ces Easy bonhommes que peut-être demain, mais que aujourd'hui non, on peut enfin se poser dans un café...

Petit point sur la situation : le planning reste serré (Paul repart dans quelques jours pour la Suisse) et comme on laisse tomber l'idée d'aller dans le parc naturel, on décide de réserver tout de suite un billet de bus Dalat -> Saigon pour le lendemain soir. Là, il faut quand même que je prenne le temps d'expliquer l'épisode billet de bus, typique des galères quotidiennes d'un voyageur perdu dans un monde que décidément il ne comprend pas...
D'abord on nous explique que non il n'y a pas de bus le soir. Ensuite, en posant pour la 4ème fois la question, hop ça change, si si, il y a des bus locaux. Il faut aller réserver à telle adresse à l'autre bout de la ville. Zouh, nous voilà à l'adresse en question. Mince, ça a l'air d'avoir fermé il y a un moment ici. Bon c'est pas grave, on se dirige vers la nouvelle adresse de l'agence, indiquée par une pancarte. Nouvelle adresse qui se trouve être non loin de notre point de depart... Une charmante secrétaire nous explique que non, il n'existe pas de bus... bon, on connaît le coup, on lui explique que l'on sait qu'il existe en existe un... Ok, elle passe un coup de téléphone, remplit un formulaire et nous le file. Voilà, demain un bus viendra vous chercher à votre guest house, présentez ce formulaire... elle revient 5 minutes plus tard pour nous réclamer le formulaire en disant que finalement elle en a besoin comme reçu. Elle le prend, le froisse, genre celui-ci, il est pour la corbeille... Bon, on a rien payé, pas donné nos noms, juste le nom de notre guest, c'est louche... on s'apprête à demander un peu plus de "garanties", quand elle revient vers nous et nous dit texto : "vous avez deux places de réservées, mais si vous ne me faites pas confiance et vous voulez être sur d'avoir des places, je vous conseille d'aller en réserver en allant a tel endroit...." Bon, faut pas chercher à comprendre. C'est repartit pour un tour, on file à l'endroit en question. Bien sur, l'adresse est incorrecte, mais oh miracle, on finit quand même par trouver. On est en fait à la compagnie de bus locale. Les tarifs sont finalement différents, mais ça y est ! C'est réservé pour demain !

Lendemain matin, terrasse de café. En plein petit dej, un Easy Rider nous repère et vient nous taper la discute afin de nous embarquer la journée pour une chevauchée infernale. Le mec est bien sympa et le trip qu'il propose correspond tout à fait à ce que l'on veut faire. Mais voilà, on connaît les tarifs (une fois de plus, merci Lonely) et le gugus semble au dessus des prix. Le standard, c'est 8 dollars par personne pour une visite de la ville et de ces alentours. Lui, en propose 20 et propose 15 pour une visite strictement limitée à Dalat. Apres négoce, il passe de 15 a 12, nous expliquant qu'il nous comprend, qu'il nous respecte, mais que voilà, il a une famille à nourrir, que le cours du pétrole a augmenté et que vraiment, à 12 dollars déjà il se saigne... Bon, on en a presque la larme à l'oeil, mais quand même, on demande une demi-heure de réflexion histoire de pouvoir comparer un peu avec quelqu'un d'autre. Hop, on fait 100 mètres et au premier tournant, on croise d'autres easy gars qui nous proposent cette fois-ci (après à peine une mini négoce) le tour complet à 8 dollars ! Et bien voilà, marché conclu. Reste plus qu'à annoncer la mauvaise nouvelle à notre premier rider qui a gaspillé sa salive...
Aille, notre bonhomme prend mal la chose. Quand on lui explique la proposition que l'on a eu, d'un coup oublié la petite famille et le court du pétrole... Ok, 8 dollars pour le grand tour, ça roule ! Ah bin oui, mais nous on s'est déjà engagé de l'autre coté. Le gars se fâche, la situation se corse. Quand on commence à partir, lui et son acolyte nous suivent en moto... et hop, ils mettent le grappin sur les autres Easy Riders ! Explication au sommet, combat des chefs. Nous on reste plantés là, un peu gênés. Au bouts de 2 petites minutes, c'est la réconciliation. Petites tapes dans le dos, sans rancune. Notre premier easy boy nous explique que c'est bon, ils se sont arrangés, que l'on peut venir avec eux sans problème. Le deuxième groupe confirme la chose en nous disant que c'est peut-être mieux d'aller avec l'autre gars, vu qu'il nous a repéré en premier... Bon, les gars ont apparemment  grandit ensembles et sont des amis de longue date. Heureusement ! On est passe a un poil de l'incident diplomatique...

Bon bin c'est partit pour la balade. Au fait comment s'appellent nos 2 riders ? Le premier, nous dit s'appeler "Bouddha" et le deuxième "My America". No comment...
A plus de cent, les cheveux dans le vent, on visite successivement : une pagode (bon.. vu et revu), le quartier des premières maisons françaises (plutôt intéressant), un petit bout de forêt avec des plantations de café (vraiment bof), des paysans qui ramassent le riz dans les champs (bof, bof), le "chicken village" (top : un village habité par les Koho, une des fameuses "minorités" ethniques. Un bol de nature, des gamins qui se baladent livrés à eux même, des petites baraques déconnectées du monde et... une statue géante de poulet !), un monastère (super : tout beau tout neuf, qui respire la sérénité et qui surplombe un superbe lac), la crazy house (plutot pas mal : une baraque pleine de coins et rubicoins, avec animaux géants et architecture des plus loufoque.  Ca se veut "Gaudiesque" même si c'est loin d'en avoir le talent. On navigue davantage entre kitsch assumé et Disneyland mais bon c'est marrant).

Voilà, globalement on peut dire que c'est réussi. On a même eu le droit à une petite discussion politique le midi avec nos Easy Riders, ou d'un coup, on mesure le gouffre qui sépare nos cultures.  Si on lit un peu entre les lignes, on nous explique sous cape que tout occidental peut être potentiellement un espion de la CIA, qu'il est bon qu'il n'y ait pas d'opposition face au gouvernement afin de conduire le pays dans la bonne direction, que le Vietnam, à force de travail et grâce à ses valeurs humaines et morales surpassera un jour l'Occident et en particulier les Etats-Unis, subversifs et en décadence. J'extrapole peut-être un peu mais le message est là. d'ailleurs on nous dit "réfléchissez à ces paroles apparemment calmes sous lesquelles se cachent des mots plus épicés..." Sacré cuisto notre Bouddha !

Le soir, on profite un dernière fois des délicieux légumes et cocktails de fruits frais qui font aussi la réputation de Dalat, un petit billard (incontournable au Vietnam) et il est temps de filer dans ce fameux bus local. Prochaine destination : Saigon, alias Ho Chi Minh, pour le meilleur et... pour le pire !

Publié dans Good Morning Vietnam

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