Mao, Confucius et mes potes

Publié le par Léonard Jaillet

Nouveau pays, nouveaux amis, nouvelle histoire. Welcome to Beijing alias Pékin, capitale de ce colossal pays continent en pleine mutation. Beijing tout particulièrement en effervescence aussi parce que future ville hôte des JO 2008 ! A l'arrivée, un brouillard blanc englobe la ville. Simple brume ? Non, non, c'est simplement l'épais nuage de pollution qui recouvre l'intégralité de la ville plus de 200 jours par ans. Notre taxi nous conduit à travers de gros boulevards entourés de buildings modernes sans aucun goût, puis un peu plus tard, s'enfonce à travers des petites ruelles qui contrastent complètement avec ce que l'on vient de voir. Bienvenu dans les "Hutongs", ces vieux quartiers marchands et populaires qui résistent difficilement face aux grands travaux de démolition entrepris pour moderniser la ville. Notre guest-house, se trouve justement au coeur d'une de ces Hutongs. La grande classe.

Là-bas, nous rejoignons Erwan, qui débarque fraîchement de France et l'on se raconte les dernières nouvelles du front posés au café de l'auberge qui propose un vrai petit dej occidental, avec du bon café ! Rha ça fait du bien. En fait, notre guest-house est un véritable bastion français en terre étrangère : les 9 dixièmes des clients sont occidentaux et parmi eux il y a bien un tiers de francais ! Du coup, on entend parler frenchy partout. Bizarre, on se sentirait presque chez soit...

Avec les 2 zozos, on décide originalement d'aller visiter les incontournables de la capitale. On loue des vélos et hop, c'est partit. Du deux roues au coeur de Pékin, ça le fait ! Ceci dit, ici le vélo n'est plus roi et  faut faire gaffe aux tutures qui ont tendance à filer à toute berzingue en ce souciant peu de ton sort. A chaque carrefour, un gugus est là avec son uniforme et son sifflet pour rendre le tout un peu moins sauvage et rajouter une petite touche de folklore...

La ville grouille de monde et ça s'agite de partout. Au coeur de la ville, on visite Tian'anmen, la plus grande place au monde, bourrée à craquer de touristes (spécialement les groupes de coréens avec leurs petits drapeaux, leurs casquettes de même couleur) . Pas vraiment impressionnante au premier abord,  mais avec un peu d'imagination et en imaginant quelques chars de-ci de-là... puis c'est une demi-journée de visite de la cite interdite, véritable ville dans la ville, regorgeant de monumentaux palais qui pour presque la moitié sont... en rénovation...

Le soir, on se perd volontairement dans les Hutongs pour atterrir dans un petit bouiboui. Tout le monde nous regarde comme des bêtes curieuses. Un serveur nous demande ce que l'on veut et vas-y que j'te mime du thé, de la bière... Bon  finalement, aidés par le petit lexique du Routard, on commande 3 bières, 3 soupes aux raviolis, du thé le tout pour 16 yuan ce qui fait aux alentours de 1.60 euros. C'est pas cher la Chine !

Le lendemain, visite de plusieurs jolis petits parcs et lacs qui parsèment la ville et la rendent plus qu'agréable à vivre. De temps en temps, en bonus, un petit temple caché derrière un bosquet. Au retour, c'est la poisse : la pédale de vélo de Dead se casse, puis c'est ma fourche qui se pète, puis enfin la roue d'Erwan qui se désaxe... Ok, note pour plus tard, mieux choisir son vélo, parce que globalement sont vraiment pourris... D'ailleurs, quand on montre au gars qui nous les a loué le carnage qu'on a fait, il se marre. Bin oui, c'est pas la première fois que ça arrive...

Parmi ces 9 journées passées à Pékin, un parcours de 10 kilomètres le long de l'invraisemblable muraille de Chine. 5 heures de marche sans grand répit pour parcourir ce mini tronçon. Il faut dire que le chemin est plus qu'escarpé et tu te retrouves même presque à 4 pattes à certains endroits tellement ça grimpe. D'ailleurs c'est fou, t'as toujours l'impression que ça grimpe. Personnellement, je galère déjà pas mal, mais Dead et Erwan qui ont picolé la veille et qui n'ont dormi que 1 ou 2 heures luttent comme c'est pas permis. En plus, faut suivre le rythme parce que les consignes son claires : dans 5 heures le bus décolle au point d'arrivé, que t'y sois ou non ! On en bave mais ça vaut vraiment le coup. La vue malgré la brume est vraiment superbe, des montagnes de forets sauvages à perte de vue, avec quelques rizières égarées de-ci de-là. Et puis cette muraille qui serpente de sommet en sommet et qui va se perdre au loin dans les nuages. Ca frappe l'imagination ! Tu comprends facilement comment tout un tas de légendes ont pu se broder autour de cette muraille...   Peu avant l'arrivée, on nous propose de redescendre en glissant le long d'un câble au dessus d'un lac avec une espèce de tyrolienne. Dead et Erwan sont partants. Après quelques réticences, je me laisse finalement tenter. Pour quelqu'un qui a le vertige, je suis assez fier de moi ;-).

Pékin, c'est aussi les ballades à travers les Hutongs, avec les gens posés dans la rue autour d'une table, qui jouent aux échecs chinois ou au mahjong, le tout dans un joyeux bordel. Ce sont les petits plats sélectionnés au hasard, allant de l'immonde brochette de boulettes mousseuses cuites a l'huile bouillante, jusqu'au délicieux poisson à la fois super fin et épicé. C'est aussi l'incontournable canard laqué, la dégustation des thés. Bêtement, on fera quand même quelques impasses : le chien, les scarabées, scorpions et larves d'abeille grillées... Les Hutongs, c'est aussi l'occasion de tester ses capacités de négoce. A ce jeu là, Dead est vraiment doué, alors qu'Erwan et moi avons un peu plus de scrupules à l'idée de proposer  20 yuans pour un truc qui à la base est vendu au prix de 150...  Petit incident de parcours, Dédé passera à un moment une demi-heure à négocier de façon acharnée une boîte de baguettes, pensant que je la voulais, avant de comprendre qu'il avait tout compris de travers... Piégé par les vendeurs il repartira finalement au bout d'une bonne heure avec ses baguettes à un prix dérisoire. Tout ça pour ça...

la guest-house, nous permet aussi de rencontrer plein de français sympa : Quantin, Raphaël, Florent, Soline... En plus, la plupart parlent chinois ce qui aide quand même pas mal. La nuit, on sort avec eux à Sanlitun, le quartier "branché", avec tous ses bars et ses boîtes bourrées avant tout d'occidentaux. D'ailleurs, ça se sent et avant d'accéder à ces bars, toujours le mur de petits gars qui te repèrent, toi riche touriste, et qui te proposent des "lady bars" et les "lady massages"... On est loin du dépaysement ou de l'immersion, mais soyons honnêtes, ça reste de belles soirées.

Le massage, certes on a testé, mais dans un cadre un peu moins "sexy", vu que ce sont des hommes aveugles que l'on a préféré choisir pour venir nous pétrir le dos. Arrivé dans la salle de massage, on ne sait pas trop quoi faire : se déshabiller, s'allonger ? On a l'habitude de communiquer avec les mains, alors là forcement c'est coton... Bon, on se débrouille tant bien que mal et c'est partit ! Et faut avoir confiance : Le gars sans transition t'attaque la nuque en te donnant des grands coups et en tirant des petits tendons dont tu ne soupçonnais même pas l'existence ! Très agréable, mais un peu trop violant tout de même. Très vite, tu comprends sa stratégie : dès qu'il  trouve le noeud qui te fait mal, il te martyrise avec : ce gars est un vrai sadique ! Par contre il hallucine complètement quand il tombe sur mon pied bot. Je l'entends marmonner quelque chose et il passe 5 minutes à me comparer les pieds. Là, forcement, je me marre !


Grâce aux musées, Pékin nous permet aussi de nous initier, tout doucement, à l'Histoire de Chine, avec ses dizaines de dynasties, ses heures de gloires, mais aussi ses guerres, famines, révoltes à tout va..... Par contre l'architecture elle, varie finalement peu. Peu de révolution artistique non plus, parce que la Chine est aussi un pays de traditions, où l'on préfère devenir maître d'un art ancestral (par exemple le travail du bronze ou de la porcelaine) plutôt que de réinventer la poudre... Traditions et bien sur symboles, car tout est calculé, réfléchi, avec les omniprésents dragons et phoenix symbolisant (entre autres) les idéaux masculins et féminins.  Petite visite aussi au "Maosolée", avec comme pour Lénine,
l'immense privilège de voir le corps embaumé (enfin la joue gauche à l'aspect douteusement cireux..)
 
9 chouettes journées vite passées à Pékin, où vous l'aurez compris, rien de vraiment "sensationnel" ne se passe, mais vous inquiétez pas : ça arrive !! Dernière vraie soirée pour Dead qui repart le surlendemain, le 31 Aout. Ca sent la fin des vacances et plein d'amis français repartent aussi. Histoire de marquer le coup, on sort un dernier soir à Sanlitun. Et là, au retour de cette soirée euphorique, Dead laisse gentiment son passeport sur le siège arrière du taxi qui nous ramène...
L'a fait la boulette... En fait, Dead ne s'en rend compte que le lendemain matin et ça sonne un peu gueule de bois... Du coup il passe sa journée plongé dans les méandre administratifs : ambassade, aéroport, commissariat... Au final, il se bat bien et s'en sort "pas trop mal" : seulement 1 semaine de perdue et quelques centaines d'euros... Par contre les vacances c'est plus ou moins fini pour lui : consigné à Pékin, pas le droit de quitter la ville ni même de changer d'auberge parce que de toute façon on te demande à chaque fois ton passeport...
 
31 Aout. Dead n'est finalement pas rentré en France ce matin à cause de son passeport, mais il est toujours en vadrouille pour toutes ses démarches administratives. Erwan et moi on doit filer dans quelques minutes à la gare pour Shanghai et Dead n'est toujours pas là ! 3 minutes avant de partir, il débarque, nous expliquant qu'il a passé une journée relativement pourrie et qu'il croyait qu'on partait plus tard. Pas le temps ! On se dit au revoir en urgence et on file dans un taxi. Après tous ces chouettes moments ensembles, c'est un peu space de se dire au revoir si speed (je sens qu'il est un peu vert !), mais le train n'attend pas. Bye bye Beijing.

Arrivée à la gare de Beijng avec Erwan et premiers pas sans Dead. on cherche un peu notre quai de départ. Comme dans toutes les gares, c'est le speed, y a plein de monde et il ne reste que 12 min avant le départ du train. Je dis à Erwan d'attendre 2 secondes histoire de demander à une hôtesse où est notre quai. La nana me dit qu'on est pas au bon endroit, il faut retraverser toute la gare. Je sors en trombe et là... pas d'Erwan. Je cours un peu au fond du hall, je repars de l'autre coté.Petites sueurs froides. 9 minutes. Bon, tant pis, je peux plus l'attendre, j'espère qu'il va réussir par ses propres moyens à choper le train... Je commence à filer et du coin de l'oeil je le vois juste à coté... Il était juste allé flâner dans la boutique à l'angle et lui aussi a eu un bon coup de speed ! Taillo taillo, on file vers notre train, qu'on a finalement avec bien 3 min de marge. Trop facile !
 
Ca y est, j'ai dit au revoir a Dead et je me dis que c'est une page qui se tourne, un nouveau voyage qui commence, bien loin de penser que j'allais le revoir a Shanghai...

Commenter cet article

gaelle 23/09/2006 23:21

moi je suis d'accord pour la moustache, cela fait tres année 60. Mais peut etre veux tu colloporter une belle image de la france !!!! lol
Moi je trouve que ton blog est vraiment chouette, mais je remarque aue depuis le depart de ded, tu n'as rien n'ecrit. Ou es tu ? que fais tu ?
SInon, je veux bien que tu me redonnes ton adresse mail perso car entre tes quarantes adresse d'avant je suis un peu perdue !!
pleins de bises et a bientot j'espere sur MSN.
gaelle

Nico 22/09/2006 13:56

Très beaux récit, mais quand même deux questions mon Léo?
Pourras-tu reboire un jour de la Vodka?
Qu'est ce que tu fou avec cette moustache? (Ca fais très parisien en voyage dans les années 50).
Sinon, tous roule à Toulouse. Il se passe de super chose pour nous! On te racontera ça plus tard.
Profite, la bise,
Nico
 

hélÚne 21/09/2006 09:05

Moi aussi j'aime bien quand c'est long on est plus dans l'ambiance! BZZZMIOU

titou 20/09/2006 22:15

Moi j'aime bien les pages longues, comme cela on met longtemps à les lire et ainsi on reste moins longtemps sans nouvelles !
On pourra enfin bientot suivre plus facilement tes aventures car après être arrivé à pied par la Chine l'ADSL arrive tout prochainement en rampant dans notre patelain. Bonnes suites !! Gros bisous !!
Titou 

Carotte 14/09/2006 00:12

Léo c'est quoi ces moustaches??Sinon pour la toux ya le baume du tigre, ils ont ça en chine. ... Sans blagues, soignes toi bien!